L ‘art de trouver chaussure à son pied…

L ‘art de trouver chaussure à son pied…

Des fois, il suffit d’un simple déclic : « En CP, je trouvais les pieds de ma maîtresse magnifiques ».

C’est par cette phrase toute simple que Julien résume les origines de son fétichisme. Il est en effet fétichiste des pieds ou podophile (attention aux fautes de frappe, une maladresse est si vite arrivée…). Pour lui, l’expression « prendre son pied » est à utiliser aussi bien au sens littéral que  figuré et la chose n’est pas des plus simples. Le désir qui a commencé par les courbes des petons de la maîtresse s’est poursuivi sur les bancs des classes. A l’âge où parler masturbation est déjà un challenge, allez caser que votre petit truc à vous, c’est la voûte plantaire.  » Je le vivais pas forcement bien dans le sens où je voyais ça comme une tare. Les pieds quand t’es petit [sont] plutot synonymes de « soumission », de honte etc … alors je regardais et je fantasmais ».

C’est donc grâce à sa « communauté », comme Julien l’appelle, qu’il a pu créer son « jardin secret ». Sur ce point-là, pas de grande originalité. Toute sexualité a sa part d’ombre, qu’elle prenne la forme d’une combinaison en latex ou d’une simple porte cochère. Lorsque le bat (ou bien le bas, c’est vous qui voyez!) blesse, c’est quand on veut faire apparaître cette part d’ombre au grand jour. Là, c’est une autre paire de manche…

Des exemples des pires réactions face à une suggestion podophile ? « C’est naze, tu veux pas plutot une fellation ? », »Mes pieds puent et je les aime pas et ca me chatouille » ou   »J’aime pas qu’on me les touche, honnêtement, je prefere pas ».  « Mais le pire de la solitude, c’est quand ça les fait rire et qu’elles prennent pas ça au sérieux ». Parce que c’est bien de solitude dont Julien parle pour évoquer l’incompréhension de ses conquêtes face à son talon d’Achille (ah ah : j’ai un quota de blagues quand même). Pas de pathos de son côté, juste une sorte de lassitude envers ce rejet de pratiques qui lui font atteindre le 7eme ciel.

On a même l’impression qu’il met en place une vraie stratégie pour réaliser aussi ses fantasmes : « Suivant les pratiques, tu peux placer des gestes discrètement dans l’acte et tu vois si ta partenaire aime. Majoritairement, sur le coup, elles aiment, c’est pour ça qu’il faut pas trop en parler ». Je vois déjà les sexologues et autres journalistes de Biba monter sur leurs grands chevaux : « Halte à la non-conversation dans le couple! ». Mais c’est un simple constat que Julien fait : « Leur en parler après, elles trouvent ça bizarre ». C’est donc de transcrire l’acte ou le fantasme en mots qui le rend « honteux » ou « bizarre », que ce soit à travers une conversation de couple avant le sexe ou bien dans un « debriefing » après. Saussure n’était donc pas si loin de la vérité… Si il avait su qu’il serait relié au fétichisme des pieds, il aurait certainement cru à un mauvais jeu de mot (il aurait pas été si loin de la vérité en fait…).

Et sinon « vis ma vie de podophile », ça donnerait quoi au quotidien? Julien l’avoue : il a un fétichisme ‘vivable » et relativement raffiné.  « Le moins vivable pour ma communauté, c’est l’été. Avec les tongs et autres sandalettes, c’est comme si, pour les gens « normaux », les filles se baladaient les seins à l’air ». La comparaison donne à réfléchir et, même aux yeux de Julien, son propre fétichisme semble être une jungle.  [Sur les forums spécialisés], « il y a 36 000 sous-domaines ». Du léchage de pied à la masturbation avec eux, en passant par les fixettes sur les plantes de pieds ou les cambrures, sans oublier l’écrasage de nourriture entre les orteils ou le pedal-pumping ( ;) ), il y en a pour tous les goûts. Julien se définit lui-même comme un toes guy, en d’autres termes un amateur d’orteils et les cambrures.

Sinon quoi de mieux que de demander directement à un spécialiste : qu’est ce que c’est, au final, de mignons petons? « De jolis pieds, c’est avant tout des pieds « entretenus », de préférence pas du 46 en pointure, plutot inférieur à 39. Vernis (ou pas d’ailleurs, il y en a des magnifiques sans rien), accessoires possibles (anneaux et chaîne de cheville). »

Parlons en un peu des accessoires : les SM ont leurs chaînes, les écolières leurs chaussettes au genou, qu’en est-il des podophiles? On peut bien trouver quelques accessoires spéciale dédicace aux fétichistes du pied mais comme Julien le résume « l’avantage de ce fétichisme, c’est que tu peux le pratiquer sans coût ».

Julien s’est donc prêté au jeu des confessions pour nous faire découvrir son petit monde à lui. N’hésitez plus, n’attendez pas d’être au pied du mur (ah ah, une petite dernière pour la route quand même) et venez tout dire à tata Devi-Ant pour ouvrir un ptit bout des coulisses de votre jardin secret à quelques uns.

Crédit Photo : http://dekku.nofatclips.com/2010/06/bon-homme-mother.html

Posted by Coline – Ancienne épicurienne irlandaise, je suis de retour dans cette bonne vieille France pour dépeindre ses travers et revers en long et en large. L'année prochaine me verra atterrir à Paris. Que de rebondissements entre les leprechauns et la tour Eiffel !

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7 Comments

  1. Je fais du 40, je ne serais donc jamais modèle X pour podophile (un rêve s’écroule). Pourtant, on m’a souvent demander de poser pour mes pieds…

    23 août 2011 @ 20 h 27 min
  2. @Lilith non mais en disant « inférieur à 39″, ce n’est pas une généralité loin de là !!
    As-tu déjà acceptée de poser pour tes pieds ?

    23 août 2011 @ 21 h 03 min
    • (haha, j’aurais du m’y attendre)

      24 août 2011 @ 9 h 55 min
      • Comme le disait Julien pendant notre interview, c’est difficile de donner une description bien nette de ce qu’est un pied excitant. Donc, Lilith, toi aussi tu as ta chance de rentrer au Panthéon des podophiles!

        24 août 2011 @ 15 h 24 min
    • Petit coquinou! tu ne perds pas une chance de compléter ta collection de petons hein ;)

      24 août 2011 @ 15 h 24 min
  3. Julien

    Non justement je voulais juste savoir s’il existait vraiment des femmes qui aiment ce fétichisme d’elles mêmes et non sous contrainte.

    24 août 2011 @ 21 h 33 min
    • Il y en a!!

      Je n’en connais pas beaucoup qui se sont tournées vers le pieds d’elle même, souvent comme c’est mon cas c’est plutot un compagnon qui nous a fait découvrir les joies de la podophilie, qui sont nombreuses.
      Cependant des filles comme ça il y en a, d’ailleurs souvent elles-même sont un peu fétichistes des chaussures sur les bords.

      ne perdons pas espoir!!

      2 septembre 2011 @ 18 h 43 min

One Trackback

  1. [...] Coline enquête et prend des risques sur le terrain, mais elle ne perd pas pied (ahah), et je dis pas ça parce que c’est ma copine [...]

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